À la recherche de l’abstraction de la pureté
17 avril 2026

Johann Sebastian Bach : L’Art de la fugue, BWV 1080 ; David Lively, piano ; # Le Palais des Dégustateurs PDD042 Enregistré en avril 2024, paru le 17 avril 2026 (76’26”) – Critique de Remy Franck

David Lively maîtrise parfaitement L’Art de la Fugue et ses constructions musicales complexes et multiformes. Il a exposé ses réflexions, notamment concernant le réarrangement des différentes pièces au sein de l’œuvre complète, dans le livret de l’album et dans l’interview de Pizzicato (voir ici).
Il est fondamentalement convaincu que L’Art de la Fugue s’oppose à la quête de la liberté. C’est une recherche de l’abstraction de la pureté, explique le pianiste, qui perçoit une dimension spirituelle dans cette œuvre : « Dans cette partition, j’entends la voix d’un compositeur aux prises avec la mort et la quête de la perfection polyphonique et contrapuntique. Le Bach luthérien est conscient que le long chemin qui le conduit à Dieu atteindra bientôt son but. »
« C’est une quête de l’abstraction de la pureté », explique le pianiste, qui perçoit une dimension spirituelle dans l’œuvre : « J’entends dans cette partition la voix d’un compositeur profondément préoccupé par la mort et la recherche de la perfection polyphonique et contrapuntique. Ce Bach luthérien est conscient que le long chemin qui le mène à Dieu atteindra bientôt son but. » Lively joue avec une subtile nuance tonale, abordant chaque canon et chaque contrapunctus avec une grande délibération, restant constamment objectif sans jamais paraître froid. Il différencie la musique moins que d’autres interprètes, lui conférant ainsi une unité presque hypnotique.
Il utilise la pédale avec parcimonie, ce qui lui permet d’articuler avec une clarté extrême et de contrôler avec précision le son du piano.
Grâce à ces éléments parfaitement équilibrés, Lively construit un univers qui, tout en soulignant l’analyse et en révélant les structures, se révèle simultanément d’une remarquable vitalité grâce à son sens aigu du timbre et du rythme.
Lively joue avec des nuances subtiles, abordant chaque canon et chaque contrapunctus avec une grande délibération. Il reste d’une objectivité constante, sans jamais paraître froid. Il différencie moins la musique que d’autres interprètes, lui conférant ainsi une unité presque hypnotique.
Lively crée un cosmos avec ces éléments individuels parfaitement équilibrés. Tout en plaçant l’analyse au premier plan et en révélant les structures, l’œuvre semble simultanément d’une grande vitalité grâce à son sens du timbre et du rythme.
David Lively knows how to approach The Art of Fugue and its multi-layered and complex musical structures. He has outlined his thoughts—particularly regarding the reordering of the individual movements of the complete work—in the album booklet and in the Pizzicato interview .
It is his fundamental conviction that The Art of Fugue stands in contrast to the pursuit of freedom. It is a search for the abstraction of purity, says the pianist, who sees a spiritual character in this work: “In this score, I hear the voice of a composer who is intensely engaged with death and the pursuit of polyphonic and contrapuntal perfection. The Lutheran Bach is aware that the long path leading him to God will soon reach its destination.”
Lively plays with subtle nuances, approaching every canon and contrapunctus with great deliberation. He remains consistently objective, never appearing cold. He differentiates the music less than other interpreters have done, thereby giving it an almost hypnotic unity.
He uses the pedal sparingly, which allows him to articulate with the utmost clarity and to fine-tune the piano’s sound with precision.
Lively creates a cosmos with these perfectly balanced individual elements. While placing the analytical in the foreground and exposing the structures, it simultaneously feels very alive thanks to his sense of timbre and rhythm.
