Trois œuvres classiques interprétées avec expressivité

24 mai 2026
Joseph Haydn : Quatuor à cordes en ré majeur, op. 64 n° 5 (Quatuor de l’Alouette), Hob. III:63 – Wolfgang Amadeus Mozart : Quintette à cordes en do mineur, K. 406 – Ludwig van Beethoven : Quatuor à cordes n° 9, op. 59/3 ; Quatuor des Beaux-Arts (Ralph Evans, Jerry Horner, Efim Boico, Wolfgang Laufer), Jean Dupouy, alto ; # Le Palais des Dégustateurs PDD054 ; Enregistré en 1986, paru le 22 mai 2026 (72:43) – Critique de Remy Franck

Joseph Haydn a composé 68 quatuors. Généralement, six quatuors sont regroupés pour former un numéro d’opus, comme c’est le cas pour l’opus 64. Ce cycle est le troisième que Haydn composa pour Johann Tost, ancien musicien de la cour des Esterházy et devenu ensuite marchand viennois.
Le cinquième quatuor porte le sous-titre « Quatuor de l’Alouette ». Le Quatuor des Beaux-Arts, dans une interprétation plutôt classique, se concentre, comme toujours, sur l’essence de la musique, qui, pourtant, sonne intemporelle précisément grâce à la grande clarté de l’articulation des lignes mélodiques. Dans ce quatuor de Haydn, le poignant et méditatif mouvement lent est particulièrement impressionnant. Le menuet, aux allures de danse, est également d’une grande beauté, tandis que le finale, d’une grande vivacité, ne devient jamais frénétique.
Le Quintette à cordes K. 406 de Mozart, composé en 1788, reste malheureusement dans l’ombre des autres quintettes du compositeur. Les musicologues attribuent cela au fait qu’il s’agit d’un arrangement. Mozart a en effet réécrit sa Sérénade pour vents K. 388 pour ce quintette.
Le quintette en do mineur, jusqu’au menuet, est une œuvre empreinte de gravité et de conflit. Le Quatuor Fine Arts et Jean Dupouy en rendent clairement le caractère, conférant même à l’Andante, d’ordinaire si mélodieux, une atmosphère mélancolique et introspective.
Le Neuvième Quatuor à cordes de Beethoven, le troisième du cycle Razumovsky, op. 59, s’ouvre sur un Andante con moto empreint de mélancolie, dont le sentiment de déracinement est rendu avec autant de force que par la sobriété du deuxième mouvement.
Le quatuor interprète les mouvements suivants avec une grande expressivité, dans une interprétation à la fois vive, agile, puissante et d’un équilibre remarquable.
