RAVEL - POULENC - DEBUSSY Sonates pour violon et piano Gérard POULET, violon et Christian IVALDI, piano
Gérard Poulet & Christian Ivaldi se retrouvent aujourd'hui.... Ces deux grands artistes donnent là leur meilleur, dans une connivence joyeuse et oublieuse de la contingence.
Les trois sonates ici présentées ont toutes été créées avec leur auteur au piano, en compagnie, pour deux d’entre elles, de prestigieux violonistes : Georges Enesco pour Ravel, et Ginette Neveu aux côtés de Poulenc.
Debussy confiant, lui, l’exécution de la partie de violon à Gaston Poulet, jeune et brillant quartettiste, qui en un demi-siècle de carrière de violoniste et de chef d’orchestre, devait tenir le haut de la scène, justifiant ainsi le discernement de Claude de France. Notons que, tout comme Ginette Neveu ou Hélène Jourdan-Morhange (dédicataire de la sonate de Ravel), Gaston Poulet fut
abondamment consulté quant à l’écriture violonistique.
Deux des sonates furent écrites en temps de guerre : Debussy (1917) Poulenc (fin 1942-43) tandis que celle de Ravel échappe à ces époques barbares (1927). Toutes les trois se soustraient au discours, au pathos et au développement, elles sont courtes : de
13 à 18 minutes, rompant avec leurs aînées, française ou allemandes. Pourtant deux d’entre elles, Debussy et Ravel, sont l’expression d’une absolue maîtrise formelle, comme politesse première et ultime de l’Œuvre d’Art.
Francis Poulenc, « contraint » au violon par son admiration de la grande Ginette Neveu, semble ne pas avoir échappé à la contingence : il « n’aime pas le violon singulier » dit-il ! Mais la sonate ne mérite ni la sévérité de son auteur ni le dénigrement parfois condescendant de
certains critiques ou musicologues.
