Fanfare Magazine : David LIVELY / L’Art de la Fugue

David LIVELY / BACH L’Art de la Fugue – Critique Fanfare Magazine

BACH L’Art de la Fugue, BWV 1080   David Lively (piano)   LE PALAIS DES DÉGUSTATEURS 042 (76:26) 

Le livret accompagnant l’enregistrement de L’Art de la Fugue de Bach par David Lively pour le label Palais des Dégustateurs (PDD) comprend un entretien approfondi et passionnant avec le pianiste, mené par Stéphane Friédérich. Lively y développe ses réflexions sur l’œuvre et ses choix artistiques. Pour lui, L’Art de la Fugue de Bach est « une invitation au salut », l’œuvre d’un homme « conscient que le long chemin qui le menait à Dieu atteindrait bientôt son but ». Bien souvent, la recherche du spirituel dans l’interprétation se traduit par des tempi amples. Mais Lively souligne qu’« on a dit que Bach utilisait des tempi vifs ». Lively ajoute : « J’ai été influencé par le fait que Bach utilise des mesures plus longues que d’habitude, avec des valeurs plus courtes, dans cette œuvre particulière. De fait, le jeu doit être plus rapide. » La préférence de Lively pour des tempos plus rapides, et sa décision de ne pas respecter les reprises dans deux des canons, permettent une durée totale d’écoute qui tient aisément sur un seul CD. Concernant l’ordre d’interprétation, Lively révèle : « Je recherchais un certain équilibre, la symétrie entre les pièces et, plus important encore, leur dimension musicale intrinsèque. Je souhaitais que les fugues les plus abstraites contrastent avec les plus dramatiques. » Lively choisit lui-même l’ordre des différentes fugues (bien sûr, l’auditeur peut les écouter dans l’ordre qu’il souhaite). Les quatre canons s’enchaînent, le choral « Vor deinen Thron tret’ ich », BWV 668, concluant l’œuvre.

L’enregistrement de L’Art de la fugue par Lively, sur un piano à queue de concert moderne, se distingue par sa fluidité technique, sa clarté cristalline et sa sonorité chantante et cristalline. On y trouve une grande diversité de couleurs et de nuances, le tout dans le cadre d’une expression méditative. Lively utilise avec subtilité et conviction la pédale et le rubato. Bien que les tempos soient vifs, ils ne sont jamais précipités. Cette interprétation incarne la virtuosité technique de Bach au service d’une profonde expression spirituelle. Hautement recommandé.

Ken Meltzer


Cinq étoiles : L’interprétation éloquente de David Lively de L’Art de la fugue de Bach

BACH Der Kunst der Fugue, BWV 1080   David Lively (pn)   LE PALAIS DES DÉGUSTATEURS 042 (76:26)

The booklet accompanying David Lively’s recording of Bach’s Art of the Fugue for the Palais des Dégustateurs (PDD) label includes an extended and fascinating interview of the pianist by Stéphane Friédérich. Lively discusses at length his thoughts on the work, and artistic choices for his performance. For Lively, Bach’s Art of the Fugue is “an invitation to salvation,” the creation of a man “aware that the long road that led him to God would soon reach its destination.” Quite often, the pursuit of the spiritual in performance translates into spacious tempos. But Lively notes that “it has been said that Bach used brisk tempi.” Lively adds: “I was influenced by the fact that Bach uses longer measures than usual with shorter values in this particular work. In fact, the playing must be faster.” Lively’s preference for quicker tempos, and his decision not to observe the repeats in two of the canons, allows for a total playing time that fits comfortably on a single CD. Regarding order of performance, Lively reveals: “I was concerned with a certain balance, with the symmetry between the pieces and, more importantly, with their purely musical inner dimension. I wanted the most abstract fugues to contrast with the more dramatic ones.” Lively chooses his own order for the various fugues (of course, the listener has the ability to order the tracks as he sees fit). The four canons ensue in sequence, with the Choral “Vor deinen Thron tret’ ich”, BWV 668 providing the conclusion.

Lively’s recording of the Art of the Fugue, on a modern concert grand, is distinguished by its technical fluency, pristine clarity, and pearly, singing tone. There is a diversity of both color and dynamics, all within the parameters of meditative expression. Lively makes subtle and convincing use of both pedal and rubato. While the tempos are brisk, they are never rushed. This is a rendition that embodies Bach’s technical brilliance at the service of profound spiritual expression. Highly recommended. Ken Meltzer

Five stars: David Lively’s eloquent realization of Bach’s Art of the Fugu