
Jean Françaix (1912-1997)
L’Apocalypse selon Saint-Jean – Oratorio fantastique (1939-42)
Piano Concerto in D (1932-36)
Tatiana Probst (soprano); Daïa Durimel (alto); Patrick Garayt (tenor); Jean-Gabriel Saint-Martin (baritone)
Jean Françaix (piano)
Orchestre Français d’Oratorio/Jean-Pierre Loré (Saint-Jean)
Orchestre de l’ORTF/Georges Prêtre (concerto)
rec. 22 November 1960 (concerto)French text and English translation included
Le Palais des Dégustateurs PDD044

This pairing is a tart one, in two senses. First, that a fascinating archive entry from the 1960s is married up with a state of the art modern recording; second, that a fairly stern and epic oratorio is juxtaposed with an insouciant concerto. Do these things really matter? Probably not. They are by the same composer and he is the soloist in the Concerto. The scores are from broadly the same period. The differences simply radiate different aspects of Françaix’s character.
The Apocalypse (The Bible’s Book of Revelation) has drawn the attention of various twentieth century composers including Franz Schmidt, Eugene Goossens, Henk Badings, Hilding Rosenberg (in his stunning Fourth Symphony), Vaughan Williams and Gian-Carlo Menotti. All six wrote works derived from its pages. These date from the years 1925 to 1953. Françaix’s Oratorio Fantastique falls in the middle of that date range at about the same time as Schmidt’s Book of the Seven Seals. The Schmidt and the Françaix are two very different propositions from opposing cultures that were lurching towards the Second World War.
Francaix’s L’Apocalypse is rara avis and is in four parts: a short meditative Prologue and three grouped segments: totalling 20 tracks. Each segment is here accorded its own track. The solo voices are resonantly forward and sonorous and sound nicely with the sometimes slim tones of the orchestra (try trs. 4 and 12). The Letter to the Seven Churches sets out the stall of the solo voices and prepares the ground for the crushing choral grandeur of The Vision of the Throne of God with its use of full forces. Françaix’s is a blazing voice of his own; more Franck than Messiaen. Françaix is not all about vocal weight en masse or en solo. Try the brass, harp and gong accompaniment in the Breaking of the four seals (tr. 5). The Copland-like clarion quality in Vision of the Seven Trumpets (tr. 8) impresses, and note the way the composer intricately threads the solo voices with the awe-struck trumpet line. The Abyss is imaginatively portrayed (tr. 10). Textures are applied with great care rather than piled dense and high. Effectively a trot-galop, The Invasion of the 200 Million Horsemen (tr. 11) is just a shade jolly but gathers momentum and illustrative weight. Franz Schmidt would have made this more colossal and horror-struck; qualities not in short supply when we get to The Combat of Michael and the Dragon (tr. 14) and Gog and Magog (tr. 19). Even more of the hunted and hunting feel is projected immediately we get to The Beast of the Earth (tr 16). Le Millenium (tr. 18) is ecstatically pastoral – calm and collected. The final Celestial Jerusalem (Holy City) has a satin burnish from the massed choirs and achieves an ascension, goaded higher and higher by all concerned. It is synthesises devout and ecstatic and reassuringly is no stranger to oddball touches.
L’Apocalypseis presented here in a refreshingly modern recording which I suspect is no older than 2020. In the documentation I cannot see an exact date or details of the recording location. In the booklet photos the venue is surely a grand hall; as to the specifics I am at a loss. Can anyone help out?
Francaix’s oratorio deploys for solo voices (soprano, alto, tenor and bass), choirs and two orchestras. One orchestra comprises pairs of flutes, oboes, harps, four horns, three trumpets, three trombones, tuba, four percussion and strings. The other includes flute, three clarinets, three saxophones, four bassoons, cornet, trombone, percussion, organ, harmonium, accordion, mandolin, electric guitar and pairs of violins and double basses. We are told that only two French performances have been recorded since 1962, in 1999 and 2024, both conducted by Jean-Pierre Loré.
The Françaix of the four-movement Piano Concerto is another work of the 1930s although radically different from the Oratorio. It is light-hearted and elegant and lasts some 17 minutes against the Oratorio’s 66 minutes. The sound is cleanly presented and very good, if a shade boxy. Each of its four movements is allocated its own track. The dancing insouciance of the ideas in the first and final movements offsets the slow-blooming, melodious romance of the central episodes. Carefree joy is echoed in the playing of the composer and Prêtre’s orchestra. This all takes me back to the work by which I came to discover Françaix: his catchy l’Horloge de Flore for oboe and orchestra. In this connection Françaix could easily ‘read across’ as a sort of French Malcolm Arnold. The Concerto would rub shoulders delightfully with Arnold’s Concerto for Piano Duet and Constant Lambert’s Rio Grande. (..)
The sung text of the Oratorio is printed in the booklet. Background notes are in French and English and so is the sung text. The booklet uses an agreeable font size.
The CD arrives with the purchaser, not in a jewel case, but in one of those stiff card folds into which is glued the booklet and the plastic mounting for the disc.
By the way, the 83-minute disc presented no problem to my ancient CD player; not always so when it comes to CDs with a playing time exceeding 80 minutes.
Rob Barnett
Availability: Le Palais des Dégustateurs
Choirs
Français d’Oratorio; Élisabeth Brasseur; de Cernay la Ville; Choristes de Rambouillet, Guyancourt, Croissy, Orgeval, Paris

Jean Françaix
Ce rapprochement est surprenant à deux égards. D’une part, une fascinante pièce d’archives des années 1960 est associée à un enregistrement moderne de pointe ; d’autre part, un oratorio assez austère et épique est juxtaposé à un concerto insouciant. Ces différences ont-elles vraiment une importance ? Probablement pas. Les deux œuvres sont du même compositeur, qui est d’ailleurs le soliste du Concerto. Les partitions datent sensiblement de la même période. Ces différences reflètent simplement plusieurs facettes du caractère de Françaix.
L’Apocalypse (le livre de la Révélation de la Bible) a inspiré de nombreux compositeurs du XXe siècle, parmi lesquels Franz Schmidt, Eugene Goossens, Henk Badings, Hilding Rosenberg (dans sa remarquable Quatrième Symphonie), Vaughan Williams et Gian-Carlo Menotti. Tous six ont composé des œuvres inspirées de ce texte. Ces œuvres datent de 1925 à 1953. L’Oratorio Fantastique de Françaix se situe au milieu de cette période, à peu près en même temps que le Livre des Sept Sceaux de Schmidt. Les œuvres de Schmidt et de Françaix sont deux propositions très différentes, issues de cultures opposées qui s’apprêtaient à entrer en guerre.
L’Apocalypse de Françaix est rare et se compose de quatre parties : un court prologue méditatif et trois segments groupés, soit un total de 20 pistes. Chaque segment est ici enregistré en une piste distincte. Les voix solistes, d’une grande richesse et d’une belle sonorité, s’harmonisent parfaitement avec les sonorités parfois un peu ténues de l’orchestre (voir les plages 4 et 12). La Lettre aux Sept Églises pose les bases de l’interprétation des voix solistes et prépare le terrain pour la puissance chorale saisissante de La Vision du Trône de Dieu, qui déploie toute la force de l’orchestre. La voix de Françaix y est flamboyante et unique. Plus Franck que Messiaen. Françaix ne se résume pas à la puissance vocale, que ce soit en chœur ou en solo. Écoutez l’accompagnement de cuivres, de harpe et de gong dans la Brèche des quatre sceaux (plage 5). La clarté cristalline, à la Copland, de la Vision des sept trompettes (plage 8) impressionne, et remarquez la manière dont le compositeur entrelace avec finesse les voix solistes et la ligne de trompette, empreinte de solennité. L’Abîme est dépeint avec imagination (plage 10). Les textures sont appliquées avec une grande finesse, sans être surchargées. Véritable trot-galop, L’Invasion des 200 millions de cavaliers (plage 11) est d’une gaieté légère, mais gagne en intensité et en force expressive. Franz Schmidt l’aurait rendue plus colossale et horrifiante ; des qualités que l’on retrouve en abondance dans Le Combat de Michel et du Dragon (plage 14) et Gog et Magog (plage 19). L’atmosphère de traque et de chasse s’intensifie dès les premières notes de « La Bête de la Terre » (plage 16). « Le Millénium » (plage 18) est d’une pastorale extatique, d’un calme et d’une sérénité absolus. La Jérusalem céleste finale (la Ville Sainte), baignée d’une douce chaleur grâce aux chœurs, atteint une ascension toujours plus intense, portée par l’énergie de tous les participants. Elle synthétise la ferveur et l’extase, et, rassurez-vous, n’hésite pas à surprendre par des touches d’originalité.
L’Apocalypse est présentée ici dans un enregistrement d’une modernité rafraîchissante, que je soupçonne de dater au plus tard de 2020. La documentation ne mentionne ni la date exacte ni le lieu d’enregistrement. Les photos du livret laissent entrevoir une grande salle ; quant aux détails, je reste perplexe. Quelqu’un pourrait-il m’éclairer ?
L’oratorio de Francaix est écrit pour voix solistes (soprano, alto, ténor et basse), chœurs et deux orchestres. Un orchestre comprend des paires de flûtes, de hautbois, de harpes, quatre cors, trois trompettes, trois trombones, un tuba, quatre percussions et des cordes. L’autre inclut une flûte, trois clarinettes, trois saxophones, quatre bassons, un cornet, un trombone, des percussions, un orgue, un harmonium, un accordéon, une mandoline, une guitare électrique et des paires de violons et de contrebasses. On nous indique que seules deux interprétations françaises ont été enregistrées depuis 1962, en 1999 et 2024, toutes deux dirigées par Jean-Pierre Loré.
Le Concerto pour piano en quatre mouvements de Françaix est une autre œuvre des années 1930, bien que radicalement différente de l’Oratorio. D’une grande légèreté et d’une élégance raffinée, il dure environ 17 minutes, contre 66 pour l’Oratorio. La prise de son est claire et de très bonne qualité, quoique légèrement étouffée. Chaque mouvement est enregistré sur sa propre piste. L’insouciance dansante des idées des premier et dernier mouvements contraste avec le romantisme mélodique et progressif des épisodes centraux. Une joie insouciante se reflète dans le jeu du compositeur et de l’orchestre de Prêtre. Tout cela me ramène à l’œuvre qui m’a fait découvrir Françaix : son entraînant « Horloge de Flore » pour hautbois et orchestre. À cet égard, Françaix pourrait aisément être considéré comme une sorte de Malcolm Arnold français. Le Concerto s’accorderait à merveille avec le Concerto pour piano à quatre mains d’Arnold et « Rio Grande » de Constant Lambert.
Le texte chanté de l’oratorio est imprimé dans le livret. Les notes de contexte sont en français et en anglais, tout comme le texte chanté. Le livret utilise une police de caractères agréable.
Le CD est livré non pas dans un boîtier cristal, mais dans un étui cartonné rigide plié, contenant le livret et le support plastique du disque.
D’ailleurs, ce disque de 83 minutes n’a posé aucun problème à mon vieux lecteur CD ; ce qui n’est pas toujours le cas pour les CD de plus de 80 minutes.
Rob Barnett
